Le FMI relève ses prévisions de croissance mondiale

Le Fonds monétaire international estime que l’économie mondiale va croître de 4,2 % en 2010, contre une précédente prévision de 3,9 %. Mais il met en garde les pays riches contre le gonflement de leur dette publique.

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Le FMI revoit les prévisions de croissance mondiales à la hausse, tout en mettant en garde les dirigeants des pays développés, dont le gonflement de la dette publique pourrait affecter l’activité au sortir de l’une des plus graves crises économiques de l’après-guerre.

Le Fonds monétaire international, dirigé par le Français Dominique Strauss-Kahn, a estimé mercredi que l’économie mondiale va croître de 4,2 % en 2010, contre une précédente prévision de 3,9 %, effectuée en janvier dernier. «La reprise de l’économie mondiale a évolué mieux que prévu», a expliqué le Fonds. Rappelons que le PIB mondial a reculé de 0,6 % en 2009.

Etats-Unis : 3,1 % en 2010, mais 2,6 % en 2011

«L’activité se redresse à des rythmes différents, timidement dans de nombreux pays avancés, mais vigoureusement dans la plupart des pays émergents et en développement», a-t-il relevé. La croissance devrait être la plus lente en Europe (1,0% dans la zone euro, 1,3% au Royaume-Uni) et au Japon (1,9%). Et, s’agissant de la zone euro, le FMI a maintenu sa prévision d’une hausse de 1,0% du PIB en 2010, tout en revoyant à la baisse, de 1,6% à 1,5%, celle de 2011 (voir encadré) La tendance serait plus favorable en revanche aux Etats-Unis (3,1%). Le Fonds note néanmoins que la reprise de l’économie américaine engagée à l’été est «tirée par les efforts de relance» du gouvernement. «La demande finale privée reste faible et bien inférieure à son niveau d’avant la crise», ajoute son rapport. En conséquence, le Fonds mise sur un ralentissement de la croissance avec la diminution progressive des efforts de relance du gouvernement: en 2011, la hausse du produit intérieur brut (PIB) de la première économie de la planète ne devrait plus atteindre, selon lui, que 2,6%.

Zone euro : reprise fragilisée par la Grèce

L’économie mondiale repart en ordre dispersé, et la zone euro n’est pas le bon élève de la classe. Le FMI n’a fait que maintenir ses prévisions pour la région, à 1% en 2010, et même abaissé de 1,6 à 1,5% son chiffre pour 2011. Les différences sont marquées entre les Etats. La Grèce, l’Irlande ou l’Espagne vont rester en récession cette année, tandis que les autres sont engagés sur la voie de la reprise même si elle s’avère laborieuse. En Allemagne (+1,2% prévu en 2010) et en France (+1,5%), la relance est ainsi limitée par les excès des capacités industrielles, qui affectent les investissements, les restrictions d’accès au crédit et une consommation des ménages morose sur fond de chômage élevé. «Plusieurs forces retiennent la croissance en Europe», souligne l’institution multilatérale, la tragédie grecque en tête. Les inquiétudes des marchés concernant la solvabilité de la Grèce, en pleine débâcle budgétaire, «risquent, si elles ne sont pas maîtrisées, de se transformer en une crise de la dette souveraine dans le plein sens du mot et contagieuse», prévient-t-elle. Grèce, Espagne, Irlande et Portugal sont invités à assainir leurs finances publiques. Quant aux autres, ils devront «entreprendre un rééquilibrage budgétaire substantiel en 2011».

Mais l’activité serait surtout tirée par les pays émergents et en développement (6,3%), l’Asie en tête (8,7%, dont 10% pour la Chine). Le Fonds, qui prévoit une croissance de 10% en 2010 et de 9,9% en 2011 dans le pays, en appelle à un yuan plus fort, qui bénéficierait non seulement à la Chine, mais aussi au monde entier dans un contexte de reprise. Cela permettrait au pays asiatique de faire face aux «pressions excessives de la demande», affirme le FMI, dans une référence à la menace d’un retour de l’inflation.

Dans ce contexte mondial, le FMI s’est inquiété des conséquences sur les flux de capitaux. «Les estimations des économistes du FMI montrent que les déséquilibres des comptes courants augmenteront sensiblement avec la reprise du commerce mondial, l’amélioration des conditions de financement, et la stabilisation du prix des matières premières à des niveaux plus élevés», a précisé l’institution. «Les monnaies d’un certain nombre d’économies asiatiques restent sous-évaluées, dans des proportions considérables dans le cas du yuan, tandis que le dollar et l’euro restent forts par rapport à leurs fondamentaux de moyen terme», a estimé le FMI.

Par ailleurs, le Fonds a insisté sur un autre risque pour la croissance mondiale, le gonflement de la dette publique des pays développés. Tout en conseillant de maintenir les politiques de relance en 2010, il estime qu’«un grand nombre de ces pays doivent aussi adopter d’urgence des stratégies crédibles à moyen terme pour limiter l’endettement public et ensuite le ramener à des niveaux plus prudents». «Les risques liés à la dette des Etats pourraient déprimer l’activité pour tout un ensemble de raisons», a relevé le FMI. «Des ratios élevés de dette (par rapport au PIB, ndlr) pourraient entraver la flexibilité budgétaire, entraîner une hausse des taux d’intérêt généralisée dans l’économie, accroître la vulnérabilité des économies en difficulté budgétaire, et comprimer la croissance», a-t-il énuméré.

Enfin, le Fonds a appelé les gouvernements à «réparer et réformer le secteur financier», pour mettre fin aux lacunes dans la régulation, et à «soutenir la création d’emplois et les chômeurs», le taux de chômage devant se maintenir aux alentours de 8,5% dans les pays développés jusque fin 2011.

FMI : PERSPECTIVES DE L’ECONOMIE MONDIALE

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