Un recul historique, de près de 2%, des marchés du DigiWorld en 2009

Un recul historique, de près de 2%, des marchés du DigiWorld en 2009   dans International couvertureVFDWYB2010En chiffres, « l’année 2009 constitue », selon Didier Pouillot responsable du projet DigiWorld Yearbook, « une année sombre pour les marchés du DigiWorld, qui enregistrent un recul historique en valeur, de -1,5% ». Seul un segment parmi les six qui constituent cet ensemble, à savoir les services de télécommunications, a connu une légère croissance (+1,8%) : encore est-ce l’effet de la poursuite des développements dans les marchés émergents, les pays avancés ayant connu dans leur très grande majorité, dans ce segment également, un recul marqué. D’une manière générale, les segments d’équipements ont été plus affectés que ceux des services.

Il convient toutefois de noter que les marchés du DigiWorld ont globalement mieux résisté à la crise économique que nombre d’autres secteurs ; si l’évolution globale de ces marchés en 2009 a convergé avec celle de l’économie dans son ensemble (le PIB mondial a également régressé de 1,6% en valeur), cela traduit en effet un raffermissement après plusieurs années au cours desquelles leur croissance s’était située en deçà. Surtout, le développement des accès et des usages s’est poursuivi en dépit (quelquefois même du fait) des contraintes auxquelles ont été confrontées entreprises et grand public. Ainsi, 2009 a à nouveau constitué une année très faste pour l’augmentation des parcs mobile (550 millions de nouveaux clients dans le monde) et même une année record pour les accès haut débit (66 millions de nouveaux abonnés).

Ces développements, que l’on a vu se former année après année, ont au final profondément modifié le paysage du monde numérique.

Cette 10ème édition du DigiWorld Yearbook donne ainsi l’occasion de revenir sur une décennie de changements, avec en particulier :
• un décuplement du parc mobile mondial, qui passe de 477 millions à fin 1999 à près de 4,5 milliards à fin 2009,
• la création et le déploiement à très large échelle du haut débit qui, tout juste naissant il y a 10 ans, raccorde aujourd’hui plus de 450 millions de foyers dans le monde
• le basculement d’un parc TV encore quasi-exclusivement analogique à la fin des années 90 vers un parc numérique pour près de 50% des foyers TV aujourd’hui.

Les usages ont évolué en conséquence, avec une mention particulière pour tout ce qui s’est développé sur les réseaux Internet. La VoIP, encore confidentielle au début de la décennie 2000, est en voie de banalisation dans nombre de pays industriels, l’IPTV gagne rapidement du terrain. Quant aux nouveaux acteurs de ces marchés, les Google, Amazon ou autres Facebook, ils ont connu des trajectoires hors norme. Google est tout simplement devenu une entreprise parmi les plus valorisées dans l’univers des TIC, Facebook, qui n’existait pas au début de la décennie, fédère aujourd’hui plus de 400 millions d’internautes…

Dans son introduction, le directeur général de l’IDATE, Yves Gassot, reconnait qu’il n’y a pas eu au premier abord d’événements majeurs en 2009, l’actualité ayant été pour une large part dominée par la sensibilité ou au contraire la résistance des différents marchés de l?industrie numérique à la conjoncture économique. L’iPhone 3G et l?OS Android avaient été lancés en 2008 et il aura fallu attendre… 2010 pour voir le succès planétaire d’un film en 3D, la mise sur le marché de l’iPad et du premier téléphone Google.

Toutefois il souligne trois tendances de 2009 particulièrement structurantes pour les mois à venir et qui soulignent que malgré la récession l’effervescence des industries numériques s’est poursuivie tout au long de ces derniers mois :

1. Les premières congestions sur les réseaux cellulaires sous l’effet du poids croissant des smartphones et des dongles pour PC et netbooks. A la fin de l’année, la majeure partie du trafic sur les réseaux cellulaires était constituée par la data. C’est le point de départ d’une transformation radicale de l?économie des opérateurs mobiles, d’une interrogation sur les investissements requis pour déployer la 4G-LTE, mais aussi d?une transformation de l’Internet avec de nouvelles applications, et la transformation de nouveaux marchés (presse, édition, santé, ..).

2. La croissance des flux vidéo joue un rôle prépondérant dans l’essor du trafic sur l’Internet (+40 à +60% par an selon les estimations). Cette explosion a au moins trois conséquences. Elle pose en terme de plus en plus sensible les interrogations liées à la « télévision connectée ». Elle rend aussi plus profond le débat sur la Net neutralité. Contrairement à l’idée commune, la différenciation des flux du Net est déjà très largement amorcée à travers les acteurs du CDN mais aussi les infrastructures que déploient les grands agrégateurs de contenus. Enfin, on a pu observer, singulièrement en Europe, les difficultés pour mettre en place des plans cohérents et ambitieux de déploiement des accès à très haut débit qui respectent les principes de concurrence tout en favorisant l’initiative et l’investissement des opérateurs. Dans ce contexte, c’est le modèle européen d’organisation du secteur des télécoms qui est en débat.

3. La troisième tendance réside dans le poids croissant des réseaux sociaux dans le temps passé sur le Net, dans l’évolution des pratiques de communication et dans leur pouvoir de prescription avec un modèle économique qui est de plus en plus dominé par des stratégies de plateformes (hébergement de jeux vidéo ou d’autres applications d?éditeurs indépendants). La question est notamment de savoir dans quelle mesure Facebook, qui est passé, dans la seule année 2009, de 130 millions à plus de 350 millions d’inscrits, va s’assurer un statut de principale place de marché, et de premier rival de Google et d’Apple.

Dans sa préface, le Président de l’IDATE, Francis Lorentz, voit dans les options auxquelles sont confrontés les pouvoirs publics au sortir de la crise, une occasion pour l’Europe d?imposer sur un nombre restreint de points une démarche collective. Il propose notamment de :
1) renforcer les dispositions financières et réglementaires favorisant les « gazelles » qui sont les mieux à même de porter les projets innovants,
2) accélérer la mutation des universités qui doivent être au coeur des clusters et des politiques d’innovation ;
3) contribuer activement au déploiement de l’Internet du Futur en identifiant et soutenant deux ou trois projets prioritaires d’intérêt général dans des domaines tels que l’eSanté ou l’énergie (Smart Grid).

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