Conjoncture économique en 2010 : La croissance marquerait le pas

L’économie nationale souffre de certaines fragilités que la crise internationale risque d’exacerber à court terme. Des inquiétudes persistent sur l’équilibre de la balance commerciale, la compétitivité des exportations ainsi que leur forte concentration à destination des marchés européens.

Conjoncture économique en 2010 : La croissance marquerait le pas dans Conjoncture Economique 280510_p_Conjoncture«Les performances économiques du Maroc sont restées bonnes en 2009, malgré la mauvaise conjoncture internationale. L’instabilité des marchés financiers, la flambée du prix du pétrole et l’essoufflement des grands partenaires commerciaux ont d’abord fait redouter le pire». Pourtant, et selon les «Perspectives économiques en Afrique» (PEA), «les fondamentaux sont restés stables, témoignant d’une meilleure résistance face aux chocs externes». La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est élevée à 5 % en 2009, soutenue par une campagne agricole exceptionnelle, une demande interne vigoureuse et des mesures de soutien à l’économie. Ces dernières ont été mises en place pour contrecarrer les effets de la crise, ressentis dès le deuxième trimestre 2008.

Cependant, l’économie marocaine souffre encore de certaines fragilités, que la crise internationale risque d’exacerber à court terme. Des inquiétudes persistent en effet sur l’équilibre de la balance commerciale, la compétitivité des exportations ainsi que leur forte concentration à destination des marchés européens.
Par ailleurs, la crise a eu un impact négatif sur les recettes touristiques et les transferts des Marocains résidents à l’étranger. Ces deux principales sources de devises ont jusqu’à présent compensé le déséquilibre de la balance commerciale et permis de maintenir le solde du compte courant à un niveau positif, estime le Rapport de la BAD/OCDE/CEA. La croissance devrait donc marquer le pas en 2010 et ne pas dépasser 4,3 %.
La demande intérieure a augmenté de 6,8 % en 2009 et devrait encore croître de 7,7 % en 2010. Soutenue par une baisse de l’impôt sur le revenu et la revalorisation des salaires, elle a aussi été tirée par l’excellente campagne agricole, un taux de chômage inférieur à 10 % et une poussée du crédit à la consommation, en hausse de 19,3 % entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. Du coup, la demande intérieure a en partie compensé le fléchissement de la demande externe. La demande des ménages devrait contribuer à 4,3 % de la croissance en 2009 et 4,6 % en 2010. Elle devrait être portée par une nouvelle baisse de l’impôt sur le revenu, prévue pour janvier 2010, par le dynamisme du marché du travail et le maintien de l’inflation autour de 2,9 % en 2010. Les dépenses ordinaires ont augmenté moins vite en 2009 qu’en 2008, en raison du recul des dépenses de compensations.

Ces dernières ont connu une hausse de plus de 90 % en 2008, avant de se contracter de 64,8 % en 2009. Elles devraient poursuivre leur recul en 2010 avec une contraction estimée à 51,6 %.
De même, les dépenses en biens et services ont légèrement reculé, passant de 5,5 % du PIB en 2008 à 5,4 % en 2009, à cause de la baisse de 9,3 % des dépenses de matériel en 2009. Concernant les prévisions pour l’année 2010, PEA estime que les dépenses ordinaires devraient renouer avec une tendance haussière, atteignant 156, 4 MMDH, soit une progression de 4,3 % par rapport à 2009.
Enfin, les dépenses d’investissement ont augmenté de 13,3 % en 2009 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 43,2 MMDH. Elles devraient poursuivre leur croissance à un taux de 20 % en 2010, confirmant la volonté des pouvoirs publics de maintenir leur soutien à l’économie nationale face à la crise mondiale, avec des projets à forte rentabilité économique et sociale. La dette publique est passée de 53,5 % du PIB en 2007 à 47,3 % en 2008, puis 46,7 % en 2009.

Ce déclin résulte en partie de la gestion active de la dette, entamée en 2008 avec des réformes visant à développer le marché des valeurs du Trésor public.
L’objectif qui consiste à ramener le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB en 2010 devrait contribuer à stabiliser le ratio de la dette et offrir une plus grande marge de manœuvre pour la conduite de la politique monétaire. L’investissement s’est maintenu, malgré un contexte assez incertain.

En effet, les crédits à l’équipement ont augmenté de 24,8 % entre janvier et octobre 2009 par rapport à la même période en 2008. La formation brute du capital fixe à prix courant s’est appréciée de 9,1 % en 2009 et devrait croître de 6,3 % en 2010. Sa contribution à la croissance devrait passer de 3 % en 2009 à 2,2 % en 2010. Les investissements directs étrangers (IDE) ont représenté 3,6 % du PIB en 2009, la France demeurant le principal pays émetteur avec une part de 30 %, suivie par le Koweït et les États-Unis.

L’évolution des échanges a confirmé les craintes suscitées par la crise internationale et le ralentissement de l’activité économique dans les pays partenaires du Maroc. Les importations et les exportations marocaines ont diminué de 19,2 et 23,3 % en valeur, au cours des trois premiers trimestres 2009, en glissement annuel. Le taux de couverture a perdu 3,7 points de pourcentage sur cette période, passant de 73,9 % à fin octobre 2008 à 70,2 % un an plus tard.
Quant au déficit commercial, il s’est chiffré à 122,2 MMDH sur les dix premiers mois de l’année, en recul de 14.8 % par rapport à la même période en 2008.
Le déficit du compte courant extérieur a atteint 4,9 % du PIB en 2008 et devrait passer à 6,3 % en 2009 puis 4 % en 2010.

Des réformes structurelles et sectorielles ont contribué,
ces dernières années, à asseoir les fondements d’une économie moderne et ouverte sur l’extérieur. La crise a poussé les pouvoirs publics à redoubler d’efforts pour moderniser le secteur public, lancer de grands projets d’infrastructures, promouvoir le secteur privé et protéger l’environnement.

Une croissance laminée

L’édition de 2010 des Perspectives économiques en Afrique (PEA) indique que la crise économique mondiale a porté un coup d’arrêt brutal à un épisode de développement relativement soutenu en Afrique: La croissance a été laminée, passant d’un taux moyen d’environ 6 % en 2006-08 à 2,5 % en 2009, et le produit intérieur brut (PIB) par habitant pratiquement au point mort. Les économies africaines devraient progressivement se ressaisir pour atteindre un taux de croissance moyen de 4,5 % en 2010 et de 5,2 % en 2011 bien que la récession laissera sa marque. «La bonne nouvelle est que le continent s’est avéré résistant à la crise.

La mauvaise nouvelle est que, malgré le rebond de la croissance l’année prochaine, la crise pourrait rendre plus difficile pour les gouvernements de répondre à l’Objectif du Millénaire de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la pauvreté en Afrique d’ici 2015», a indiqué Henri-Bernard Solignac-Lecomte, Chef du bureau de l’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient au Centre de Développement de l’OCDE. L’Afrique du Nord et de l’Ouest devraient toutes les deux croître d’environ 5% et l’Afrique Centrale de 4% pendant la même période.

Le déficit du compte courant extérieur devrait passer à 6,3 % en 2009 puis 4 % en 2010.

0 Réponses à “Conjoncture économique en 2010 : La croissance marquerait le pas”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




John Cena |
DownPro |
melanie6415 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | clash03
| PINODISCOUNT
| Les journalistes à Mascara