Conjoncture : Une demande intérieure plutôt frileuse

 Conjoncture : Une demande intérieure plutôt frileuse dans Conjoncture Economique 20100531-p-1467018

Pour l’année en cours, la consommation privée subirait le relâchement des activités agricoles et son impact sur la distribution des revenus.

Après avoir maintenu une certaine et relative vitesse de croisière, certains moteurs de la demande intérieure risquent de tourner au ralenti. A commencer par la FBCF (Formation brute du capital fixe) qui, malgré le redressement enclenché au quatrième trimestre 2009, resterait conditionnée par le comportement attendu des activités secondaires et de la demande mondiale adressée au Maroc

Selon les conjoncturistes du HCP, «son évolution tarderait à retrouver sa dynamique au début de l’année en cours, du fait du démarrage encore frileux de l’investissement en bâtiment». Il faut dire que cet indicateur a, quelque peu, pâti des intempéries et des inondations ayant touché certaines régions du Royaume.
Les ventes de ciment ont fléchi de 2,1% à fin mars, tandis que les crédits immobiliers ont vu leur rythme atteindre 11,9% au premier trimestre 2010, contre 24,9% une année plus tôt. De son côté, la croissance de l’investissement industriel est restée modérée, en raison des perspectives d’activités modestes chez les principaux clients du Maroc (Espagne et France) et des capacités productives relativement sous-utilisées.


Le taux de capacités non-utilisées dans l’industrie est passé de 23,2% en 2008 à 23,7% en 2009. De leur côté, les importations de biens d’équipements industriels se sont contractées durant les deux premiers mois de 11,2% en glissement annuel.
Dans le même sillage, les recettes des investissements et des prêts privés étrangers se situent toujours dans une phase conjoncturelle défavorable depuis le deuxième trimestre 2008. Elles se sont contractées, au cours des deux premiers mois de 2010, de 55,5% en glissement annuel.

Cette baisse devrait s’atténuer progressivement au cours de l’année 2010, en réponse à une amélioration progressive de la conjoncture internationale.
Le pouvoir d’achat des ménages a profité, au début 2010, de la revalorisation des salaires induite par l’application de la deuxième tranche de la baisse d’Impôt sur le revenu, dans un contexte de modération des tensions inflationnistes (+0,2% à fin mars) et d’un redressement des transferts des MRE (+7,4% à fin février 2010).
Cependant, la consommation privée aura pâti d’une hausse de 4,5% du nombre des chômeurs, conjuguée à un repli des activités agricoles et son impact sur la distribution des revenus et sur l’offre de produits primaires, dont la valeur ajoutée a fléchi de 11,3% au premier trimestre 2010.
La consommation de biens alimentaires a, ainsi, souffert de la hausse des prix des produits alimentaires frais survenue au mois de mars.

Au premier trimestre, l’indice des prix à la consommation alimentaire a crû de 1,8%, en glissement trimestriel, contre une baisse de 1,4%, au trimestre précédent. Dans le même sillage, le rythme de croissance de la demande en produits manufacturés locaux a légèrement décéléré par rapport à l’année passée. Les ventes locales de voitures neuves ont diminué de 7,8% à fin mars. Pour sa part, le rythme de croissance des crédits à la consommation a ralenti pour se situer à 15,8% à fin mars 2010, contre 25,8% une année auparavant.
Malgré cette décélération des crédits, les importations de biens de consommation ont progressé de 6,2%, au premier trimestre, contre une hausse de 3,3% une année auparavant. Le recul de 0,7% des dépenses de fonctionnement, durant les deux premiers mois de l’année en cours, est de nature à brider la croissance de la consommation publique. Pour l’ensemble de l’année 2010, la Loi de finances prévoit une hausse de 1,7% des dépenses de fonctionnement, contre 13,5% en 2009. Pour le HCP, la consommation finale pourrait connaître, durant 2010, une croissance largement en dessous de celle observée durant les cinq dernières années.

Après le ralentissement observé en 2009, l’évolution de l’investissement s’annonce sous de meilleurs auspices pour l’année en cours, notamment en travaux publics et en infrastructures de base. L’enveloppe allouée à l’investissement public (ministères et entreprises publiques confondus) atteindra le record de 163 MMDH, soit 20% de plus qu’en 2009. Dans le même sillage, la Commission interministérielle des investissements a approuvé, durant le mois de février 2010, 25 projets et 17 avenants de conventions d’investissements, d’un montant global estimé à 31,7 MMDH. Ces projets concernent les secteurs de l’industrie, l’énergie, le transport urbain, les infrastructures de transport, les télécommunications, l’immobilier, la distribution et le tourisme.

L’investissement en immobilier et en produits industriels

Le recul de la demande étrangère adressée au Maroc, durant l’année 2009, a affecté l’investissement en immobilier et en produits industriels, et plus particulièrement les activités orientées à l’exportation. Le bâtiment, en décélération depuis la mi-2008, a été marqué par l’attentisme des investisseurs, suite à une faiblesse de la demande adressée notamment à l’immobilier résidentiel secondaire, au moyen et au haut standings. Le rythme de croissance des crédits bancaires alloués aux promoteurs et aux particuliers a, d’ailleurs, significativement ralenti. Les crédits à l’immobilier ont crû de 12,8%, après 27,5% en 2008. Pour leur part, les investissements et les prêts privés étrangers ont chuté de 26,1% en 2009. L’évolution des travaux publics a, par contre, été soutenue par la hausse de l’investissement en infrastructures de base. Globalement, la croissance de la FBCF se serait située aux environs de 2,5%, contre 18,3% en 2008.

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