Croissance en 2010 : Le CMC table sur un taux de 2,8%

Croissance en 2010 : Le CMC table sur un taux de 2,8% dans Conjoncture Economique 080710_p_Croissance

La crise budgétaire et monétaire que traversent des pays européens, viendrait s’ajouter à la liste d’incertitudes et de freins qui empêcheraient l’activité économique nationale, du moins pour l’exercice en cours, de retrouver le chemin d’une forte et prometteuse relance.

La croissance de l’économie marocaine risquerait de ne pas être au rendez-vous en 2010. Les dernières prévisions réalisées par le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) font ressortir une évolution modérée du produit intérieur brut de l’ordre de 2,8% en termes réels, contre 4,9% en 2009.
Au moins quatre facteurs explicatifs ont été mis en exergue par le président du CMC, Habib El Malki, lors d’un point de presse tenu mardi dernier. Le premier est l’effet décalé de la crise mondiale. Il se trouve que «le Maroc se heurte en 2010 de manière frontale et directe à la crise, par rapport à 2009». Chose qui confirme, selon H. El Malki, les analyses faites en octobre 2008 par CMC, tablant sur un manque à gagner de l’ordre de 1,5 à 2 points de croissance.

Le deuxième facteur à trait à la crise budgétaire et monétaire qui secoue particulièrement des pays européens. Résultats, entre autres, de remèdes en surdoses apportés à la crise économique de 2008 par des relâchements généreux des dépenses budgétaires… elle viendrait s’ajouter au catalogue d’incertitudes et de freins qui empêcheraient l’activité économique nationale, du moins pour l’exercice en cours, de retrouver le chemin d’une forte et prometteuse relance », lit-on dans le dernier bulletin du CMC.
Les deux derniers facteurs cités par H. El Malki sont de nature endogène. Il s’agit d’abord des dégâts causés par les intempéries, notamment durant le mois de février.
L’estimation des pertes subies de capital fixe en travaux publics (réseau routier, équipements collectifs, ponts et voies d’accès secondaires) devrait avoisiner les 730 millions de DH.

Les pertes touchent aussi la production et la valeur ajoutée, ce qui correspond plus particulièrement au bétail décimé, aux plantations endommagées ou totalement arrachées et aux installations et aménagements détruits. La campagne agricole n’est pas pour arranger les choses.
Le verdict est déjà tombé, elle sera moins bonne comparativement à celle de l’année dernière.
En effet, les prévisions relatives à la récolte céréalière sont quasiment arrêtées et les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture avancent une production céréalière de l’ordre de 80 millions de quintaux, une récolte largement supérieure à la moyenne.
Toutefois, en comparaison avec la production record de l’année 2009 de 102 millions de quintaux, le secteur agricole verrait sa valeur ajoutée fléchir en termes réels de 7,7%.

D’autres facteurs ont été aussi évoqués par le CMC, comme la baisse des flux des IDE, de l’investissement public, le recul de la consommation des ménages…
Face à cette situation, le CMC propose une seule réponse : cibler la croissance. Ce qui est de nature à renforcer la résilience de l’économie nationale. Pour ce faire, il est proposé d’abord de poursuivre les grands chantiers à travers l’investissement public. Ensuite, renforcer le dispositif incitatif pour les investissements qu’ils soient étrangers ou marocains.

Dans ce sens, le mieux, au sens de H. El Malki, est de continuer à réduire la pression fiscale sur les entreprises, car comparativement à d’autres pays concurrents, le Maroc, malgré les avancées enregistrées, n’est pas bien logé. Par contre, la politique monétaire accommodante de Bank Al-Maghrib est à poursuivre, même si les conjoncturistes du CMC ne sont pas d’accord sur le niveau actuel du taux directeur : « 3% reste relativement élevé, par rapport aux besoins de l’économie en financement et aux nouveaux contextes », a expliqué H. El Malki.

Espoir de reprise en 2011

Le creux que connaîtrait l’économie marocaine en 2010 ne serait que conjoncturel, selon les analyses du CMC. 2011 serait l’année de reprise, malgré le fait que les facteurs d’incertitude existent toujours. Le CMC table sur un taux de croissance qui devrait se situer autour de 4,5%, soit un gain de 1,7 point par rapport à 2010.
Les hypothèses sous-tendant ce pronostic résident dans une reprise des activités de l’industrie, du bâtiment et travaux publics ainsi que des activités de services à la faveur d’un raffermissement sensible de la demande tant au plan interne qu’externe. Le CMC anticipe aussi un redressement appréciable des activités agricoles et une amélioration significative du cadre macroéconomique sous le double front de l’inflation et du chômage.

0 Réponses à “Croissance en 2010 : Le CMC table sur un taux de 2,8%”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




John Cena |
DownPro |
melanie6415 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | clash03
| PINODISCOUNT
| Les journalistes à Mascara