Les textiliens marocains inquiets

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La suppression des droits de douane applicable dès le 1er janvier 2011 profitera au marché pakistanais.

Le secteur du textile marocain est à l’aube d’une nouvelle réalité. Si ces dernières années, les textiliens n’ont cessé de proclamer une révision des règles d’origine imposées par l’EU, depuis près d’une semaine, la Commission européenne a fait une concession au Pakistan. Elle a décidé, suite à l’appel à l’aide de ce pays touché, à la fin de l’été, par de graves inondations, de soutenir son économie. Et ce en supprimant les droits de douane, à l’entrée dans l’Union européenne, de 75 lignes tarifaires concernant divers produits dont notamment le textile et l’habillement.

Ce nouveau règlement, qui sera applicable à compter du 1er janvier 2011 pendant une durée de 3 ans, jusqu’au 31 décembre 2013, concerne, en effet, des produits comme le fil et le tissu de coton, les vestons et les pantalons de bonneterie, les vêtements de travail pour femme, le linge de toilette ou de cuisine, les vitrages et rideaux,…. Ainsi, la confection, à elle seule, pourrait conférer l’origine. Or, «le Pakistan n’est pas un petit pays. C’est une puissance textile qui vient s’adjoindre aux concessions accordées par l’UE au Bangladesh et à certains pays africains, comme les îles Maurice et Madagascar», a fait remarquer Mohamed Tazi, directeur général de l’AMITH (Association marocaine des industries de textile et de l’habillement).

En effet, le Pakistan est le troisième exportateur mondial de textiles (10,3 milliards de dollars en 2009). Ses exportations textile-habillement vers l’Europe ont bondi, à fin août 2010 de 10,6%, tout en sachant que ce secteur emploie près de 3,5 millions de personnes (40 % de la main-d’œuvre industrielle du pays).
Si les Européens estiment que «les effets directs ou indirects de ce règlement sur l’emploi seraient limités dans la mesure où l’augmentation des importations est faible par rapport au niveau actuel de la production de l’UE (0,5 %) et serait également compensée par des gains grâce à des prix plus bas des articles importés», la situation serait tout autre pour les textiliens marocains dont près de 75% de la production est orientée vers trois pays européens, en l’occurrence, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni.

Des marchés où le Maroc est en perte de vitesse, notamment à cause de la concurrence asiatique. Rien que sur le marché britannique, la part des exportations marocaines s’est détériorée ces quatre dernières années, en passant de 20% à 7% actuellement. Certes, en dépit de la crise, les exportations textile-habillement marocaines se sont bien comportées en n’affichant qu’un recul de 3,4% au terme des dix premiers mois de l’année courante contre 33% au terme du premier trimestre 2010, il n’en demeure pas mois que l’étau se resserre autour des opérateurs du secteur qui souffrent déjà d’une rareté de la main-d’œuvre et d’une pénurie de la matière première. La concurrence s’annonce plus rude d’autant que la réglementation imposant le marquage «made in» n’est pas à négliger.

Aujourd’hui, en dehors du marché européen, tous les pays fournisseurs de l’UE sont contraints de marquer l’étiquetage, et ce afin d’éviter le risque d’induire en erreur le consommateur européen. «Je pense que le Maroc ne va pas en pâtir puisque l’image du produit marocain dans l’imaginaire du consommateur européen n’est ni bonne ni mauvaise. Mais ce qui dérange, c’est la discrimination qui s’opère quand un pays concurrent comme la Turquie n’est pas tenu de procéder à l’étiquetage. C’est pourquoi on plaide pour un marquage euro-méditerranéen», a-t-il souligné.

La Chine en pole position

Selon la lettre du mois de novembre du CEDITH (Cercle euro-méditerranéen des dirigeants du textile et de l’habillement), les importations européennes de textile et d’habillement des huit premiers mois de l’année 2010 ont progressé de 4,8 % par rapport à la même période de 2009.
Mais en réalité, cette progression recouvre deux évolutions très contrastées. D’une part, une stagnation des importations d’habillement (+ 0,1 %), et de l’autre, une forte poussée des importations de textiles (+ 20,9 %).
Globalement, la Chine confirme sa place de numéro 1 en Europe avec des ventes de textile-habillement en augmentation de 4,8 %, à 22 milliards d’euros.
En dépit de ses coûts salariaux importants (salaire minimum horaire de 2,01 euros !), la Turquie fait preuve d’un regain de compétitivité et consolide sa place de second fournisseur de l’Union européenne. L’Inde, 3e fournisseur, voit également progresser ses exportations vers l’Europe avec une assez bonne performance à fin août : + 3,4 % à 4,5 milliards d’euros.

4e fournisseur, le Bangladesh subit un sérieux coup de frein (-0,1 %), alors que la plupart des autres fournisseurs asiatiques progressent. C’est le cas du Pakistan (+ 10,6 %), du Vietnam (+3,3 %) ou de la Thaïlande : + 1,6 %.
Du côté des pays méditerranéens, outre la Turquie, on observera les assez bonnes performances de la Tunisie (+ 3,6 % à 1,8 milliard d’euros), du Maroc qui se redresse significativement (+ 4,1 % à 1,5 milliard d’euros) et de l’Egypte qui augmente de 7,8 % ses exportations vers l’Europe.

Ses exportations textile-habillement vers l’Europe ont bondi à fin août 2010 de 10,6%.

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